mercredi 27 février 2008

Arrête tes salades!


En France, en ce moment, les prix n'arrêtent pas de grimper, notamment dans le secteur alimentaire. Vous rendez-vous compte qu'une simple salade coûte 15 centimes d'Euro et que les supermarchés nous la revendent 1 Euro, voir 1,50? Je trouve ça indignant, surtout que notre cher président sarkozy (je fais exprès de ne pas mettre de majuscule) nous avait "promis" une augmentation substantielle de notre pouvoir d'achat, et bizarrement, les prix ne font qu'augmenter. Mmmmmmm. Sur ce, j'ai décidé de faire cette note sur ma salade préférée, la salade César au poulet grillé. ( car tant qu'à dépenser pour une salade, autant qu'elle soit gourmande!) Un must de nos dimanches midis printaniers, et vu que ça sent le printemps, l'envie de manger les tomates et les salades de la rue Mouffetard me remplit de joie, le soleil est là, il fait beau, c'est BON!

La salade César au poulet (pour 3-4 personnes)
Préparation: 30 minutes

I laitue romaine
125 g de pancetta (ou bacon)
Sel d'ail ou ail lyophilisé
2 oeufs (très frais)
3 c. table de jus de citron
125 ml d'huile d'olive
2 c. table de sauce Worcestershire
Sel et poivre
2 filets d'anchois (optionnel)
1 morceau de parmesan ou de grana padano (mon préféré)
1/2 baguette (d'hier)
250 g de beurre doux
2 bons filets de poulet, coupés en lamelles

Dans une grande poêle, à feu doux, mettre le beurre, une fois fondu sans brunir, ajouter la baguette coupée en cubes de 1 à 2 cm. Saupoudrer de sel d'ail. Réserver.
Pendant ce temps, dans une autre poêle, faire revenir la pancetta jusqu'à ce qu'elle soit dorée. Réserver.
Dans cette même poêle, faire griller le poulet. Réserver.

Dans un grand bol à salade, mélanger les jaunes des 2 oeufs, le jus de citron, la sauce Worcestershire et ajouter l'huile d'olive en filet tout en mélangeant. Saler et poivrer.

Ajouter la romaine en morceaux. Déposer les filets d'anchois, les lamelles de poulet, les croûtons et la pancetta. Juste avant de servir, râper le fromage et bien mélanger la salade, en raclant la vinaigrette dans le fond.

Un délice.

Attention: les membres de votre famille, au cours de la préparation de cette salade, ne cesseront de venir en cuisine, vous piquer les croûtons de pain à l'ail. En faire un tout petit peu plus, car vous vous retrouverez sans croûton...

jeudi 21 février 2008

Ca nivelle par le bas mais...


Ca nivelle par le bas

Me rendant l’autre jour à l’Agence pour l’emploi pour voir si certains postes de professeur de musique et de chanteuse lyrique étaient disponibles dans la région parisienne, la dame qui me passe l’entretien me dit : « Oh vous savez, nous ne sommes plus dans les années cinquante ! » - PARDOOOOOOOOOOON ? Oui, qu’elle me dit, vous savez, la culture d’aujourd’hui se résume à des professeurs de chant populaire car TOUT LE MONDE veut rentrer à la Star Academy. C’est ça qui marche aujourd’hui. On a donc rien pour vous. »

Je me suis presque étouffée sur mon Frappucino. Tout le monde veut entrer à la Star Ac ? Alors je dois vivre dans un monde totalement décalé. Un monde où je vois des tonnes de jeunes au Conservatoire se balader avec leurs partitions de violon et de piano. Un monde où je vois des tas de chanteuses faire des auditions pour rentrer à Radio France. Un monde où ma fille dans son bain chante l’air de la Reine de la Nuit à sa Barbie. Un monde où, sur Arte, on a pu voir deux dimanches de suite, un merveilleux documentaire sur le chef de chœur Laurence Equilbey et Accentus. Un monde où lorsqu’on pénètre à la FNAC, tous les écouteurs disponibles pour entendre les nouveaux enregistrements classiques qui cartonnent sont pris , non pas par des vieux, mais par des gens de tout âge. Un monde où il n’y a plus de billets depuis belle lurette pour entendre Jessye Norman à Pleyel. Un monde où on crée constamment, des musiques, des interprétations. Un monde où tous mes choristes viennent aux répétitions du mardi faire du Mendelssohn, du Byrd, du Haendel et de Lotti pour sortir de leur grigri routinier et se sentir élevés par cette musique d’une beauté à pleurer.

Chère Madame, si vous me lisez, je veux vous dire une chose que je n’ai pas pu vous dire au moment où je vous ai vue.

Vous croyez que ça nivelle par le bas. Soit. Mais ne venez pas essayer de me faire croire à MOI une chose aussi sordide. La musique « classique » n’est pas obsolète comme vous le pensez. Elle est en plein effervescence, grâce à certains interprètes « cross-over » qui ont eu le mérite d’avoir une publicité tellement énorme, que tout le monde « populaire » sait les reconnaître … qui ne connaît pas Pavarotti ? Mais à part Big Luciano, il y a des tonnes de musiciens, de chanteurs, d’artistes, qui travaillent avec toute leur âme pour réussir, qui ne laisse pas vraiment la possibilité de faire autre chose, l’art étant un domaine où l’on doit se donner entièrement. Je ne parle pas de ceux qui le font en amateur, et qui respirent de bonheur quand justement ils réussissent à faire un cours de chant dans la semaine et cela leur donne, comme me dit une de mes élèves, « le courage d’affronter le reste du temps ».

Je crois que le véritable problème est que lorsqu’on a pas été baigné dedans quand on était petit, la musique « classique » peut être effectivement dure d’approche. On a peur de se sentir nul ; on a peur que quelqu’un d’autre se fout de nous. On craint de ne rien y comprendre. Mais il n’y a rien à comprendre. Mais tout à sentir. Si vous lisez « a soprano in Paris » alors que c’est le mot soprano qui vous a amené jusqu’à moi, je ne fais pas de souci pour vous. Mais les autres, ceux qui ne savent pas, je vous mets au défi d’aller dans un magasin de musique, n’importe lequel, et de demander qu’on vous fasse écouter avec les écouteurs du magasin les premières mesures de « Spem in Alium » chanté par les Tallis Scholars.
Autre expérience, essayez d’écouter les 2 mélodies « jouées en même temps » dans les premières minutes du 2e mouvement de la Symphonie no. 7 de Beethoven. Vous comprendrez peut-être de quoi je parle.

C’est vrai que la plupart des jeunes d’aujourd’hui est plus intéressée aux déboires de Paris Hilton et à American Idol. Mais il ne faut jamais, JAMAIS oublier, qu’il y a les autres. Et cette différence crée l’ivresse